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Thème : Développement des activités économiques et valorisation des atouts des territoires ruraux

Adjointe au Directeur SCOT SUD GARD

13. Quels services publics font l’objet d’attente et de demandes particulières de la part des populations, en termes de qualité, d’accessibilité et d’efficacité (thèmes à aborder : santé, services sociaux, services à la personne, garde d’enfants, aides aux personnes âgées ou dépendantes, éducation, transports, commerces, activités sportives ou culturelles,…) ?

Pour les territoires ruraux, le « multi services » et le « multi services publics de proximité » pourraient être une réponse. Proposer aux populations, par pôle stratégique à identifier dans les projets de territoires ruraux :
Un pôle services publics « plateforme santé » : l’accès aux services de santé (infirmière, médecin généraliste, …) pour le suivi courant des « petits soins » (piqûres de vaccination, de soins journaliers, de gestion de « petits bobos » qui ne nécessitent pas un déplacement en clinique ou hôpital, d’examens biologiques usuels, de centre de radiographie simple,…) un service complémentaire à l’offre de services santé que l’on peut trouver en ville.
Un pôle services publics / Réseau « plateforme services à la personne et transports » : réseau d’ « auxiliaires de puériculture chèque emploi services, crèches parentales, auxiliaires de vie -qui sont souvent des femmes par ailleurs-… réseau de volontaires au co-voiturage (partager les déplacements vers la ville notamment avec les personnes âgées ou sans permis),
Un pôle associatif « Réseau éducation, activités sportives et culturelles » : lieu où s’exercent toutes activités sportives pratiquées y compris via les associations (gym volontaire, danses de salon,…). Un réseau éducation où des personnes à la retraite peuvent proposer leurs services dans l’aide aux devoirs,… utiliser le savoirs des « anciens » et leur proposer d’être véritable relais intergénérationnel (ateliers « cuisine » ou « couture » pour les jeunes filles, atelier « bricolages en tout genre » pour les jeunes garçons,…).
Enfin un pôle associatif « Réseau échoppes locales » : commerces intermédiaires complément aux commerces de grande proximité : principalement axé sur de la production de produits locaux, artisanaux, de qualité à des coûts maîtrisés par la voie des circuits courts… L’importance, dans ce contexte, de la culture du « Marché du matin les samedis et dimanches », comme à Uzès ou Sommières,… qui draine une population de plus en plus importante est à croiser de façon complémentaire avec une idée d’échoppes intercommunales où les savoir-faire pourrait être développé au travers la vente d’un « label : fabrication maison », via un réseau associatif constitué.

14. Le niveau de services offerts sur votre territoire et leur maillage, vous paraissent-ils globalement adaptés ?

Oui, globalement, pour les territoires rurbains. Quelques manques très certainement sur les territoires plus ruraux, mais peut-on attendre un niveau de services équivalents à ceux que l’on peut trouver dans les communes rurbaines et périurbaines ? La fonction des territoires ruraux ne peut être la même que celle des territoires non ruraux, et les hommes et femmes qui font le choix de vivre sur des territoires hors la ville, à la campagne (territoires rurbains ou ruraux, pour partie), savent qu’ils ne peuvent avoir les mêmes offres de services que s’ils vivaient dans une grande ville ou une ville centre même si l’évolution sociétale tend vers la recherche d’un même niveau de confort qu’en « ville ».

15. Sont-ils notamment adaptés :

A l’enjeu du vieillissement de la population (services de santé, commerces, activités de loisirs,…) ? Clairement non sur les territoires ruraux, globalement en nette progression sur les territoires rurbains.

A l’installation de familles (gardes d’enfants, éducation, activités sportives et culturelles ?
Oui globalement, excepté sur les territoires ruraux où les réseaux demeurent à organiser.

16. Quels services au public devraient selon vous, figurer dans un « socle » de services au regard de leur caractère prioritaire ?

Services à la personne, notamment vieillissante, dépendante : répondre au principe de responsabilité que nous avons tous envers nos aînés. Santé et soins, logement adapté et accessible à la frange de population vieillissante, à revenus moyens ou faibles revenus.
Service de santé de proximité : l’éloignement provoque souvent l’inquiétude lorsque surviennent des contrariétés de santé, même si elles peuvent être jugées bénignes.
La présence d’un service de santé de proximité est aussi garant du bon fonctionnement des établissements publics de santé qui saturent quelquefois de demandes de traitement de soins légers qui pourraient être assurés par ailleurs : comme par exemple un simple plâtre après une simple radiographie interprétée par un simple généraliste et tout cela au même endroit en une seule consultation ! Il n’est pas rare dans les zones rurales, voire périurbaines, de voir les services des secours transporter un patient dans un hôpital distant de 30 km, voire plus, pour un simple malaise hypoglycémique.
En ce sens un lien fonctionnel entre les territoires via un système de transport adapté (transports à la demande, taxis services, navettes intercommunales,…) trouve t’il là tout son sens.

17. Pour chacun des services de ce socle, quel est le bon niveau ?

D’accessibilité territoriale (niveau communal, intercommunal, départemental ou basin de vie, temps d’accès ?
Socle santé : pour les territoires rurbains le socle santé est globalement assuré par les médecins locaux.
Pour les territoires ruraux, facteur « temps d’accès » (rapidement et facilement accessible en temps voiture).
Socle services à la personne : niveau intercommunal pour les territoires rurbains et communal pour les territoires ruraux.

D’accessibilité téléphonique ou informatique (délais de réponse) ?
Socle santé : pour les territoires ruraux, la proximité et le « recours direct à l’humain » semblerait plus pertinent et judicieux que le recours au téléphone ou à l’informatique : l’éloignement inquiète davantage. Pour les territoires rurbains, oui. Socle services à la personne : niveau intercommunal pour les territoires rurbains et communal pour les territoires ruraux.

18. Quelle place et quel statut accorder aux associations et autres structures privées qui interviennent dans les services aux publics, notamment par le biais de délégations de la part des collectivités territoriales ?

Elles assurent des mission de services publics… elles pourraient avoir des statuts (à inventer ?) d’Association de Mise en Œuvre des Services Publics (AMO-SP)… et pouvoir bénéficier à ce titre de financements publics (intercommunaux et/ou communaux, régionaux et/ou départementaux), mais aussi de dotations exceptionnelles de l’Etat, au titre de la politique globale en faveur des territoires ruraux, qui permettrait à l’association de disposer de salariés compétents sur chaque domaine d’intervention et rendre pérenne ce type de structure d’intérêt général. Les associations sont très souvent le moyen d’opérer des relais trans-générationnels et faciliter la transmission de la mémoire d’une histoire attachée à un lieu, une culture, une vocation, une personnalité,…

20. Quelles améliorations apporter en matière d’offre et d’organisation des transports, pour faciliter les déplacements domicile/travail, un meilleur accès aux services et pour optimiser la complémentarité ville/campagne ?

Le territoire du Sud Gard est couvert par une AOT d’agglomération qui assure les transports urbains au sein du PTU et une AOT départementale qui assure les transports périurbains mixtes (gratuits pour les scolaires et ticket à 1,50 euro pour les autres usagers ainsi qu’un service de transport à la demande). Globalement le territoire est bien couvert par les transports collectifs, y compris les territoires ruraux (une coordination pourrait être toutefois renforcée par le biais d’un syndicat mixte de transports unique à l’échelle départementale entre les AOT respectives ?).
Le Sud Gard bénéficie d’une étoile ferroviaire en cœur de ville, centre d’agglomération, qui irrigue donc bien l’ensemble du Département par des axes de diamétralisation Est/Ouest (rive droite du Rhône/Nîmes/Lunel,…) et Nord/Sud (…Alès/Nîmes/Le Grau du Roi).
Toutefois, une meilleure gestion de la politique des transports ferrés TER devrait voir se développer les cadencements à des heures répondant aux attentes des usagers amenant ainsi, à terme, une offre supplémentaire de transports collectifs, alternative au « tout voiture ». D’autre part, des parkings relais aux entrées d’agglomération seront mis en place dans le cadre des T.C.S.P. en cours d’étude.
Dans la ville centre, Nîmes, le quartier de la gare centrale a fait l’objet d’un véritable projet urbain (en cours de réaménagement) et offre à partir ce site de grande accessibilité, une véritable intermodalité (trains, bus de l’agglomération, cars du département, , liaisons douces voies cyclables, piétonnes,…).

21. L’offre de logement en milieu rural vous paraît-elle suffisante ? adaptée à la demande ? adaptée à l’offre de services ? Si non, quelles améliorations apporter ?
22. Rencontrez-vous des difficultés du fait de l’absence de maîtrise ou de l’insuffisance de maîtrise du « repeuplement » des territoires ruraux (offre de logements insuffisante, « mitage » du territoire, étalement urbain, concurrence avec les terres agricoles et les espaces naturels, impact coût carbone,…) ?
23. Comment mieux organiser le repeuplement des territoires ruraux dynamiques ?

Globalement, en milieu rural (mais aussi quelquefois en milieu dits « rurbains »), le taux de résidences secondaires, de logements à l’abandon, souvent objets de litiges relatifs aux droits successoraux et qui se dégradent au fil du temps, de logements vacants, sont importants. Les centres bourgs se paupérisent et de nouvelles offres de logement se matérialisent très souvent au détriment des espaces agricoles.
Le phénomène d’étalement urbain existe aussi dans les territoires ruraux. Les nouveaux logements construits répondent davantage à une demande de « logements salubres, neufs et confortables ».
Les logements situés en centres bourgs ou centres villages sont souvent vétustes et devenus insalubres, difficilement accessibles à la réhabilitation du fait des coûts induits. Les centres vidés de leurs habitants, sont désertés par les commerces de proximité qui soit se délocalisent vers des zones commerciales excentrées ou soit ferment définitivement. Seuls les marchés hebdomadaires se maintiennent et sont encore très attractifs du fait de leur variétés (étals alimentaires, vestimentaires, d’équipements de la maison, d’outillage et bricolage, etc.).
Globalement le potentiel de logements pourrait être suffisant (réinvestissement urbain, procédures d’OPAH, de RHI, politique de gestion de la rétention foncière,…), mais l’offre n’est pas ou n’est plus adaptée.
Les grandes maisons se vident et les personnes âgées recherchent des logements plus petits. Le desserrement des ménages (divorces, femme seule avec enfant,…) participe également de cette inadaptation de l’offre.
Les nouveaux ménages qui s’installent n’ont pas les moyens d’investir dans la réhabilitation et préfère acheter du neuf, souvent moins onéreux dans la durée. Le travail qui pourrait être mené dans les centres des villages ruraux (et partiellement rurbains) est une véritable politique de reconquête urbaine par des aides adaptées, spécifiques et volontaires pour reconquérir les centres bourgs (actions des Etablissements Publics Fonciers Régionaux ? des bailleurs sociaux ?…). Les communes ou intercommunalités de petite à moyenne taille n’ont quelquefois pas les moyens de gérer le patrimoine bâti des bourgs, d’ailleurs de grande qualité bien que quelquefois délabré (expérience menée à Beaucaire sur la reconquête du centre ville et du patrimoine bâti, par exemple).

Remettre de la vie dans les centres bourgs par une réhabilitation des logements appellera un réinvestissement des commerces.
Promouvoir de véritables transports collectifs à l’échelle départementale via un syndicat mixte de transports regroupant les AOT, afin de procéder à un maillage cohérent des territoires entre eux, irriguant un espace global et faciliter l’inter-départementalités, voire l’inter-régionalité.
La coopération, surtout à l’échelle des transports collectifs, doit être une réalité qui dépasse les simples compétences intercommunales dans un souci d’intérêt général des usagers et d’équité d’accès aux transports collectifs.
Renforcer les véritables parcours intermodaux sans rupture de charge : Passer de la voiture/ou modes doux (piétonniers, cyclables,…) vers des plateformes de transports collectifs rurbains, périurbains, urbains, des plateformes de transports ferroviaires et enfin des plateformes de transports aériens.
Les hommes sont mobiles : les territoires doivent faciliter leur mobilité sans être un prétexte à l’étalement urbain car ce sont bien les territoires et les hommes qui se relient entre eux par les transports collectifs, non les espaces physiques.
La desserte par les transports collectifs doit être une raison supplémentaire à la maîtrise de l’urbanisation dans un souci de « ville à courte distance », et de rapprochement de l’emploi, des services et de l’habitat.