Economie rurale
Vivre à la campagne, c'est quoi ?
C'est souvent vivre dans des territoires qui ont une histoire très riche marquée par l'agriculture et la paysannerie et qui ont connu la déprise agricole de l'après guerre avec ses conséquences économiques et démographiques.
Les assises des territoires ruraux se donnent pour objectif de dessiner de nouvelles ambitions pour les territoires ruraux.
La première de ces ambitions pourrait simplement être de permettre à ses habitants d'y vivre et d'y bien vivre et cela en nombre plus important.
Les objectifs et les actions à mener dans les territoires ruraux qui me semblent prioritaires pourraient être les suivantes :
Faciliter l'implantation des jeunes agriculteurs en leur permettant d'accéder plus facilement au foncier.
Inciter la diversification des cultures agricoles.
Prioriser et aider massivement l'agriculture biologique et oser abandonner le concept trompeur d'agriculture raisonnée car il ne permet pas de se débarrasser des pollutions liées à l'usage des pesticides et des engrais chimiques qui sont un danger pour la santé humaine et l'environnement.
Mettre en place une politique ambitieuse visant à développer massivement les circuits courts d'approvisionnement en denrées alimentaires. Il me semble nécessaire d'insister sur l'intérêt de manger biologique, local et de saison. Cela en même temps de développer des emplois non délocalisables, des activités respectueuses des équilibres naturels, de la santé humaine, animale et végétale, d'éviter les pollutions et de contribuer à agir concrètement et efficacement sur les bouleversement climatiques liés à l'effet de serre provoqué par l'emploi massif des énergies fossiles par l'homme.
Ne pas transposer tel quelle les besoins de la ville à la campagne : même si la campagne se repeuple en partie grâce à la contribution démographique des "néo-ruraux", il y a un spécificité rurale à respecter et à préserver. D'ailleurs, ce que viennent chercher ces nouveaux habitants est généralement une qualité de vie perdue en ville. La nature, les paysages, le calme, des liens sociaux plus authentiques, un ciel encore étoilé...
Cela passe par une meilleure compréhension des spécificités des territoires. Quelle en est l'histoire ? J'entends souvent dire que, chez nous, mis à part la vigne, rien ne pousse. On oublie bien souvent qu'avant de tout miser sur la vigne les terres de l'Hérault étaient travaillées en cultures diversifiées. Cela se comprend très facilement car c'était tout simplement une nécessité à une époque où il n'était pas possible de transporter des marchandises sur de très grandes distances. Notre époque est face à des enjeux qui nous permettent d'imaginer un nouveau projet pour nos campagnes en nous inspirant du bon sens et de l'expérience de ceux qui nous ont précédés et ont su exploiter durablement sur des siècles ces terres, et en osant favoriser l'application des technique éprouvées de l'agriculture biologique et de l'agro-écologie.
Aider les municipalités, les intercommunalités et les institutions à proposer dans les cantines, les hôpitaux et maisons de retraites des repas bio, de grande qualité, élaborés à partir de denrées de provenance locale et de saison. Il est en outre très facile de comprendre, au delà de l'intérêt écologique, pédagogique et de santé publique, l'intérêt économique d'une telle politique.
Maintenir ou restaurer un accès égal aux services publics sur tous nos territoires.
Poursuivre et favoriser le développement raisonnable d'un tourisme de qualité prenant en compte et valorisant les spécificités des territoires et utilisant au mieux les ressources locales. Éviter le tourisme de masse.
Préserver et entretenir les paysages. Les paysans y participent depuis toujours. Cela passe par l'interdiction de projets défigurant : extensions de carrières mal implantées et mal réhabilitées, mitage du paysage par l'habitat pavillonnaire, multiplication des tracés routiers et autoroutier, multiplication et inadaptation des éclairages publics, privés ou commerciaux, implantation disgracieuses de super-marchés, ZAC et autres structures industrielles cubique et métalliques au mépris du paysage et des caractéristiques architecturales de nos villages anciens et au détriment du plus grand nombre des habitants des territoires concernés. D'ailleurs, sans ces paysage, plus de tourisme, qui est la principale ressource économique de nos territoires avec l'agriculture, et plus de bien-être.
Difficile de tout aborder dans ce type de contribution limitée. Ce ne sont donc là que les points qui m'ont semblé prioritaires.

