La fracture numérique, mais aussi la fracture des transports
La fracture numérique déjà évoquée est une réalité.
Mais il existe aussi la fracture des transports.
Combien de destinations majeures sont accessibles grâce aux Prem's et autres remises de la SNCF ou de certaines lignes lowcost pour environ 60€ aller/retour, tandis que d'autres destinations coutent plusieurs centaines d'euros en frais de déplacement....
Un Lille / Cahors (je suis gérant d'une société dans chaque département.) me coûte plus de 450€ aller/retour et nécessite 1 journée aller et 1 journée retour. (Sauf à le faire en avion, mais la facture augmente et je suis proche de 800€ aller /retour entre le vol et la location de véhicule pour faire Toulouse/Cahors. Peut être que l'arrivée de l'aérodrome de Brive-Cressenssac me facilitera la vie, mais pour le moment j'ai réduit au strict minimum l'activité de ma société dans le Lot et je développe celle dans le Nord, ce qui me permet d'être plus proche de mes clients à moindre coût
Tout comme la fracture numérique, il faut aussi éviter la fracture des transports.
Un subventionnement public pour le maintien d'un réseau dense de lignes intérieures (ferrées ou aériennes) serait à mes yeux une dépense plus utile que le subventionnement du chômage.
Aujourd'hui, développer de l'activité économique en milieu rural, hors tourisme et agro-alimentaire n'est pas viable en raison du coût de transport prohibitif (matières ou personnes). Seules les activités de première transformation de matières premières produites localement peut être rentable. Toute autre activité doit être localisée en fonction de critères logistiques qui réduisent les zones d'implantation aux zones d'activités déjà bien desservies et favorise donc la concentration plutôt que la dissémination.
La remise en cause du sacro saint courant de pensée visant à la concentration et à la densification du tissu urbain déjà existant doit être remis en cause. C'est un préalable à toute tentative de développement de l'activité en milieu rural.

